Mali : l’armée et Africa Corps reprennent Kidal, quittée par les rebelles du FLA

Retournement majeur dans le conflit qui secoue le nord du Mali. Ce mardi 6 octobre 2026, l’armée malienne, épaulée par les paramilitaires russes d’Africa Corps, a repris position à Kidal, ville stratégique et bastion de la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), allié au groupe jihadiste JNIM.

Une reconquête préparée par les airs

L’armée avait reculé en avril, lorsque le FLA avait pris le contrôle de la ville. Depuis, elle a lancé une opération de reconquête, avec ces dernières semaines des frappes aériennes très intenses. Depuis le dimanche 4 octobre, un important contingent de plusieurs centaines d’hommes et d’environ 300 blindés, d’après des sources sécuritaires, progressait vers Kidal.

Après avoir consolidé ses positions à Anéfif et Aguelhok, à quelques centaines de kilomètres du chef-lieu, la colonne est entrée dans Kidal sans affrontement direct avec les rebelles. Affaiblis par les bombardements, ceux-ci se sont retirés.

Deux versions des événements

Dans un communiqué, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, parle d’un repli stratégique, présenté comme une mesure opérationnelle temporaire. Le mouvement justifie sa décision par la protection des rares civils restés dans la ville, qu’il dit menacés par l’usage disproportionné de moyens aériens.

Le gouvernement malien, lui, affirme que l’armée n’a jamais quitté la région de Kidal après les violents combats du 25 avril 2026. Selon son communiqué, les Forces armées maliennes, soutenues par leurs partenaires russes, poursuivent le renforcement de leur présence dans la région dans le cadre de l’opération Dougoukoloko. Le 6 octobre, leurs unités ont consolidé leur dispositif à Kidal, après d’intenses opérations aéroterrestres contre la coalition de groupes armés. Bamako explique par ailleurs que le dispositif avait été réarticulé autour d’Anéfif et d’Aguelhok à la suite d’attaques coordonnées, sans abandon de la zone.

Prochaines étapes

Toujours selon des sources militaires, les opérations pourraient maintenant viser Tessalite et Tinzaouatène, près de la frontière algérienne, des secteurs déjà frappés par plusieurs raids aériens. Dans l’après-midi de mardi, l’armée a commencé des opérations de ratissage pour neutraliser d’éventuelles poches de résistance.