Le continent veut désormais peser davantage sur les marchés financiers. L’Agence africaine de notation de crédit, l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA), a été officiellement lancée mercredi 7 octobre à Maurice, avec pour ambition d’offrir une lecture africaine du risque financier.
Un enjeu : le coût du financement
Une agence de notation évalue la capacité d’un État ou d’une entreprise à rembourser ses dettes. Sa note influence directement le coût auquel ils empruntent. Pour les promoteurs du projet, une meilleure prise en compte des réalités économiques africaines pourrait aider à attirer davantage de capitaux vers le continent. L’AfCRA se veut une alternative aux géants Moody’s, S&P et Fitch.
L’indépendance, condition de la crédibilité
Son directeur général par intérim, Sifiso Falala, insiste sur ce point : selon lui, le parcours législatif et les consultations menées dans les différentes régions et au niveau de l’Union africaine ont précisément visé à garantir que l’agence soit indépendante de l’organisation continentale.
L’actionnariat doit servir de garde-fou : aucun gouvernement africain ne peut détenir de parts. Au lancement, les 1 000 actions émises appartiennent à Plus 94 Research, une société sud-africaine de recherche et d’intelligence de marché. L’agence compte ensuite en céder 2 000 à des investisseurs agréés.
Maurice, une porte d’entrée vers l’Afrique
Le siège de l’AfCRA est installé à Maurice. Pour la ministre mauricienne des Services financiers, Jyotee Jeetun, c’est une belle occasion de renforcer le rôle de l’île comme passerelle entre l’Afrique et les marchés internationaux, en aidant à mobiliser davantage de capitaux vers le continent.
Reste à l’agence à faire ses preuves : c’est la qualité et l’indépendance de ses évaluations qui détermineront la confiance des investisseurs.


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