Le Rapport sur la propriété intellectuelle dans le monde 2026, publié par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), dresse un tableau contrasté de la transformation numérique en Afrique, entre retard structurel et dynamiques de rattrapage.
Le document rappelle que le continent accuse historiquement les écarts d’adoption technologique les plus marqués au monde, de nombreuses innovations y arrivant avec plusieurs décennies de retard par rapport à la moyenne mondiale. La fracture est particulièrement nette en matière de connectivité mobile avancée : en 2023, seule une petite partie de la population africaine avait accès à la 5G, contre une large majorité des Européens.
Dans ce contexte, l’Afrique de l’Ouest se distingue par des performances encourageantes portées par quelques pays moteurs. Sur le volet de l’évolution numérique, le Sénégal occupe la première place de la zone CEDEAO et se classe au 10e rang africain, devançant notamment le Ghana et la Côte d’Ivoire.
Le rapport souligne toutefois que des vulnérabilités structurelles continuent de freiner le rythme d’intégration technologique du continent, à commencer par la dépendance aux câbles sous-marins, qui acheminent l’essentiel du trafic de données internationales et dont les pannes provoquent régulièrement des perturbations importantes en Afrique subsaharienne.
Pour les experts cités par l’OMPI, cette fracture numérique dépasse la seule question des revenus et traduit de plus en plus des inégalités d’ordre régional, appelant à des interventions ciblées associant secteurs public, privé et philanthropique.


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