Mali : plus de 2 400 écoles fermées pour la rentrée scolaire en raison de l’insécurité

Ce jeudi 1er octobre marque la rentrée scolaire au Mali, dans une année que le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a décrétée « Année de l’éducation et de la culture ». Mais la dégradation du contexte sécuritaire et l’extension de la présence jihadiste dans le pays empêchent plus de 2 400 écoles d’accueillir des élèves cette année, un chiffre en constante augmentation ces dernières années.

Selon les chiffres publiés en juin par le cluster éducation du Mali, qui réunit le ministère de l’Éducation et les organisations du secteur, 2 444 écoles sur les 11 860 que compte le pays, soit plus d’une sur cinq, restent fermées. Ces fermetures, dues aux contraintes imposées par des groupes armés, aux pillages, à la peur des enseignants de rejoindre leur poste ou à l’accueil de familles déplacées, touchent directement plus de 733 000 enfants. Le nombre d’écoles fermées n’a cessé d’augmenter ces dernières années, passant de 1 300 en 2020 à 1 800 en 2024, puis à plus de 2 400 cette année.

La situation est particulièrement critique dans le nord du pays. Les syndicats du secteur s’étaient récemment inquiétés, lors d’une rencontre au ministère de l’Éducation, de la situation des enseignants en poste à Ménaka et à Kidal. Depuis la prise de contrôle de Kidal et de Tessalit le 25 avril par les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, liés à Al-Qaïda, 84 % des écoles de la région de Kidal sont fermées. À Ménaka, où seule la ville principale reste sous contrôle des forces maliennes, 52 % des établissements scolaires sont non fonctionnels.

Dans le centre du pays, où la Katiba Macina, affiliée au Jnim, impose sa loi dans de nombreuses localités, les taux de fermeture atteignent 38 % pour l’académie de Bandiagara, 52 % pour celle de Douentza et jusqu’à 68 % pour celle de Tenenkou.

À l’occasion de la fête de l’indépendance, la semaine dernière, le général Assimi Goïta a réaffirmé sa volonté de renforcer la lutte contre l’insécurité et les groupes armés dans le pays.

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