Biodiversité : un investisseur genevois voit dans le capital naturel du Sénégal une opportunité de financement

Les richesses naturelles du Sénégal peuvent-elles devenir un levier de financement ? C’est l’avis d’Olivier Santi, associé gérant de Cristal Capital, un fonds d’investissement basé à Genève. Dans le prolongement d’un entretien accordé au quotidien Le Soleil par le professeur Théophile Zognou, président du Consortium africain des fonds pour l’environnement (CAFE), il avance plusieurs pistes pour attirer des capitaux vers la protection de la biodiversité.

Un patrimoine à considérer comme un investissement

Selon lui, le pays dispose d’atouts de taille : mangroves, ressources halieutiques, aires marines protégées et écosystèmes terrestres. Ce capital naturel conditionne la sécurité alimentaire, la protection du littoral, le tourisme et plus largement l’activité économique. Olivier Santi plaide donc pour que sa préservation soit vue comme un placement de long terme plutôt que comme une simple charge environnementale. Comme tout capital, il faut le protéger, l’entretenir et le valoriser dans la durée, en associant d’abord les populations locales, qui doivent y trouver un intérêt économique direct.

Les fonds fiduciaires de conservation, un modèle éprouvé

Pour faire le lien entre capital naturel et capital financier, il met en avant les fonds fiduciaires pour la conservation. Ces outils font converger intérêts économiques, environnementaux et sociaux. Leur ancrage local permet d’impliquer les communautés dans la protection de leur patrimoine tout en sécurisant des financements sur la durée.

À Dakar, les travaux préparatoires à la création d’un tel fonds ont été présentés à Bissau par Wetlands International et ses partenaires. Ils représentent, selon lui, un pas concret pour évaluer les besoins et organiser les financements.

De Bissau à Genève, une même dynamique

À Bissau, les fonds fiduciaires africains ont affiché leur volonté de gagner en autonomie, de diversifier leurs ressources et de mobiliser davantage de capitaux sur le continent. Quelques jours plus tard, à Genève, les rencontres internationales Building Bridges, consacrées à la finance durable et tenues du 6 au 8 octobre 2026, ont repris cette ambition : passer des engagements aux investissements, en rassemblant des capitaux autour de projets structurés et adaptés aux réalités africaines.

Pour Olivier Santi, une même logique est à l’œuvre de Bissau à Dakar en passant par Genève : rapprocher initiatives, compétences et capitaux pour que la préservation du patrimoine naturel devienne un vrai moteur de développement économique durable au Sénégal.

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