Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se sont réunis en personne jeudi 1er octobre à Luxembourg, pour la première fois depuis la crise migratoire de Ceuta survenue fin juillet, lorsque 70 000 migrants avaient afflué du Maroc vers l’enclave espagnole. Plusieurs pays ont exprimé leur volonté de renforcer la surveillance des frontières extérieures du bloc, évoquant des pistes qui constitueraient un sérieux durcissement sécuritaire.
Les Européens estiment que la Russie aurait accéléré l’afflux de migrants vers Ceuta en s’appuyant sur les réseaux sociaux. Les Vingt-Sept souhaitent désormais confier la surveillance de ce type de mouvement à Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Le ministre croate de l’Intérieur, Davor Bozinovic, a indiqué que l’Europe commençait à envisager un dispositif d’alertes qui pourrait être déclenché en amont de ce genre de situation, notamment en surveillant les incitations à de tels mouvements diffusées en ligne.
Plus controversée, une autre piste a été évoquée concernant la possibilité d’un renvoi immédiat en cas de crise migratoire d’ampleur, alors qu’une telle pratique de refoulement collectif est contraire au droit humanitaire international. Le ministre néerlandais de l’Intérieur, Bart van den Brink, a défendu l’idée qu’un groupe important de personnes franchissant ou forçant une frontière devait pouvoir être immédiatement reconduit, estimant qu’une telle situation n’a pas sa place dans le système d’asile européen et doit donner lieu à un rétablissement rapide de l’ordre aux frontières.
Au-delà des questions de surveillance et de maintien de l’ordre, les Vingt-Sept ont également donné leur feu vert final au règlement autorisant la création de plateformes de retour, des centres pour migrants situés en dehors du territoire de l’Union européenne.


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