« Un étudiant, un ordinateur » : Cheikh Oumar Anne refuse de se présenter devant la commission d’enquête parlementaire

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Cheikh Oumar Anne, a annoncé le 12 octobre 2026 qu’il ne répondrait pas à l’invitation de la commission d’enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur », qui l’attendait le vendredi 16 octobre. Député et maire de Ndioum, il invoque des raisons de principe, d’impartialité de la commission et de respect des institutions.

Dans un courrier adressé au président de la commission, il dit rester attaché au contrôle parlementaire, qu’il juge essentiel à la transparence, mais refuse qu’il serve, selon lui, à des règlements de comptes politiques ou à une stigmatisation sélective de ceux qui ont servi l’État sous l’administration précédente. Il dénonce un « procès en sorcellerie » contre de dignes serviteurs de la République. Il met aussi en cause l’impartialité de certains membres de la commission, en rappelant des incidents survenus à l’Assemblée nationale en 2022 et des propos tenus ensuite sur l’ancien chef de l’État et des membres du gouvernement.

Cheikh Oumar Anne demande par ailleurs à la majorité de soumettre à la même exigence de redevabilité la gestion de l’Assemblée nationale elle-même. Il cite la publication trimestrielle des dépenses de l’institution, l’acquisition des véhicules de l’Assemblée, les cinq milliards de francs CFA destinés aux victimes des événements de 2021 à 2024, les huit milliards destinés aux sinistrés de Bakel, Matam et Podor, les 37 milliards de l’affaire ASER, ainsi que le fonds JAMM pour la paix en Casamance (1,7 milliard de francs CFA), dont il souhaite que l’usage soit clarifié. Ces points relèvent de sa lettre et n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.

Concernant le programme lui-même, il estime que la commission pourrait se limiter à la documentation déjà disponible, notamment la convention de partenariat et les procédures prévues, pour comprendre les conditions d’exécution et les dépenses. Il précise que sa décision ne traduit ni un refus du contrôle parlementaire ni une volonté de se soustraire à l’obligation de rendre compte, mais une exigence de cohérence avec les principes républicains qu’il défend.

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