Journée mondiale de la santé mentale : le télétravail et le piège de la connexion permanente

Travailler depuis chez soi libère du temps, mais peut aussi empêcher de jamais vraiment couper. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, un psychologue du travail met en garde contre les effets de l’hyperconnectivité sur les salariés.

Autonomie d’un côté, isolement de l’autre

Ahmed Sakhir Ndiaye, psychologue du travail et enseignant à l’École normale supérieure d’enseignement technique et professionnel (ENSETP) de l’UCAD, reconnaît les atouts du télétravail : une plus grande autonomie et moins de stress lié aux embouteillages dakarois. Mais mal encadré, il peut selon lui favoriser des risques psychosociaux. Il évoque notamment un isolement social et organisationnel, avec la disparition des échanges formels, ainsi qu’un déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Les signaux d’alerte

Chez les responsables, ce spécialiste des thérapies cognitives et comportementales repère un retrait progressif lors des réunions en ligne, des signes de sur-engagement comme l’envoi de messages hors des heures de travail, et des difficultés à fixer des priorités ou à trancher des décisions simples.

Chez les collaborateurs, la souffrance prend plutôt la forme de symptômes physiques et cognitifs : troubles du sommeil, maux de tête à répétition, fatigue présente dès le réveil. S’y ajoute une vraie difficulté à « fermer le bureau » et à se déconnecter de l’ordinateur.

Des remèdes à deux niveaux

Pour éviter l’épuisement, il recommande d’agir sur deux plans. Côté entreprise, il invite à adopter un modèle de travail hybride et équilibré, alternant distanciel et présentiel, et à rédiger une charte de déconnexion claire.

À titre individuel, il conseille d’aménager un espace de travail dédié, de prévoir des pauses sans écran et d’instaurer en fin de journée une routine de transition qui marque la rupture avec la sphère professionnelle.

Le thème de la Journée mondiale de la santé mentale 2026 est : « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement ».