Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a présenté dans un entretien au Soleil les principales réformes engagées pour moderniser l’administration sénégalaise. Selon lui, la priorité reste la qualité du service rendu au citoyen, à travers la numérisation des procédures, de meilleures conditions de travail pour les agents et une gestion plus efficace des ressources humaines, pour faire évoluer l’administration vers une culture de la performance et de la satisfaction des usagers.
L’audit physique et biométrique des agents de l’État, lancé fin juin, se poursuit. Le ministre juge prématuré de conclure à l’existence d’anomalies : celles-ci ne pourront être établies, dit-il, qu’à l’issue de ce travail, les données devant être vérifiées et rapprochées des systèmes de gestion des ressources humaines. L’audit doit aussi permettre d’identifier les sous-effectifs et les sureffectifs, de mieux répartir les agents entre les services et les territoires et d’anticiper les départs à la retraite.
Il annonce par ailleurs une évolution des méthodes d’évaluation des agents et des services, qui privilégieront les résultats concrets plutôt que les seules procédures, sans renoncer aux règles. Elle prendra en compte les objectifs fixés, les délais de traitement, la qualité du travail et la satisfaction des usagers, et servira à repérer les besoins de formation et à valoriser les résultats obtenus.
Sur le plan social, le nouveau Code du travail prévoit de porter le congé de maternité à 18 semaines, de renforcer la lutte contre les discriminations, le harcèlement et les violences en milieu professionnel, et d’intégrer de nouvelles formes d’emploi comme le télétravail. Le Code de la sécurité sociale doit pour sa part élargir la couverture aux travailleurs indépendants et aux acteurs de l’économie informelle. Autre mesure : les périodes de travail régulièrement déclarées pourront compter pour les droits à la retraite même si l’employeur n’a pas versé ses cotisations, une disposition que le ministre présente comme une avancée majeure en matière de justice sociale.
Mamadou Lamine Dianté fait enfin du renforcement de l’Inspection du travail une priorité. Il plaide pour une hausse des effectifs d’inspecteurs et de contrôleurs et pour de meilleurs moyens matériels, techniques et logistiques, afin d’avoir une inspection plus présente sur le terrain et plus proche des travailleurs comme des employeurs, capable d’assurer ses missions de contrôle, de conseil, de conciliation et de prévention.


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