Keur Massar : gracié puis récidiviste, « Tapha » comparaît pour 13 cambriolages — le parquet réclame 5 ans ferme

L’affaire illustre les limites de la réinsertion pour les profils les plus récidivistes. Mouhamed El Moustapha Anne, dit « Tapha », comparaît devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye pour une cascade de cambriolages qui auraient visé pas moins de treize appartements dans le quartier de Keur Massar.

Ce qui rend l’affaire particulièrement saisissante, c’est le contexte : l’homme avait bénéficié il y a quelques mois d’une mesure de grâce présidentielle, après avoir déjà été condamné à plusieurs reprises pour des infractions du même type.

Une série de vols entre le 2 et le 6 juin

Les faits reprochés se seraient déroulés sur cinq jours seulement. Treize victimes ont déposé plainte après avoir constaté, à leur retour à domicile, des portes fracturées et la disparition de nombreux objets de valeur : bijoux en or, perruques haut de gamme, devises étrangères et espèces. L’une des victimes déclare avoir perdu l’équivalent de 1,7 million de francs CFA dans un seul sac.

Un mode opératoire méthodique

Selon les éléments du dossier, le suspect aurait observé les habitudes des résidents avant de s’introduire dans les logements vides, en forçant les portes à l’aide d’outils basiques. Dans certains cas, des systèmes de vidéosurveillance auraient même été mis hors service. Ironie du sort, ce sont précisément d’autres caméras qui ont permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à lui.

Lors de son interpellation, plusieurs objets correspondant aux descriptions des victimes ont été retrouvés en sa possession. Quatre complices présumés, dont deux commerçantes et deux bijoutiers, sont également poursuivis pour recel.

Des aveux partiels à la barre

À l’audience, « Tapha » a reconnu un seul des cambriolages, contestant les douze autres. Il a affirmé que l’argent saisi provenait de la vente d’or appartenant à son épouse, une version que le président du tribunal a mise en regard avec ses déclarations bien plus compromettantes faites lors de sa garde à vue.

Le parquet a requis cinq années d’emprisonnement ferme contre le prévenu principal. La défense a plaidé la clémence, estimant les charges insuffisantes pour lui imputer l’ensemble des faits. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 15 juin prochain.